Mélanie Leroux a vingt ans quand elle décide de devenir nez. Cette vocation est née de ses différents voyages où elle aime capturer et garder en mémoire ses révélations olfactives.
En parallèle de ses créations pour les marques Mona Di Orio, Candora, Franck Boclet et Marianne Guedin, Mélanie développe la collection d’émotions PREMIERE NOTETM autour de matières premières naturelles, sélectionnées avec soin, qu’elle va recueillir au cœur de leur région d’origine.
Chaque jus nous fait vivre un souvenir olfactif d’une région lointaine. Ils composent une collection singulière universelle où chaque eau de parfum est travaillée en contraste, permettant des associations audacieuses.

Mélanie Leroux


Ayant vécu plus d’une dizaine d’années à Nice, berceau de la parfumerie, il se destine tout naturellement, après une licence de chimie et l’intégration de l’ISIPCA, à l’univers du parfum.
En 2008, il intègre Givaudan en tant qu’apprenti parfumeur aux côtés de Nathalie Cetto.
En 2011, il rejoint la cellule olfactive de Givenchy auprès de Françoise Donche. Jérôme Di Marino arrive chez Takasago en 2012, où il est formé par Francis Kurkdjian au métier de parfumeur. Se nourrir et s’inspirer d’autres univers lui semble primordial puisque « la parfumerie, comme tous les autres arts, n’est autre qu’un reflet sensible de la société ». Il développe en 2015 la collection Premiers Bois PREMIERE NOTETM.

  • Première Note : Quelle a été l’inspiration de la collection ?

    Mélanie Leroux : « L’idée principale était de créer une collection en travaillant différentes familles olfactives. J’ai sélectionné les notes et matières premières les plus emblématiques de chaque famille : l’orange pour les hespéridés, le lys et la rose pour les floraux, le cèdre et le vétiver pour les boisés, tout en y ajoutant une modernité élégante. J’ai créé les 5 notes simultanément, en les travaillant de la même façon pour donner cet esprit de Collection et d’unité au sein des parfums. Pour chaque note, j’ai sélectionné la région d’origine de la matière qui était pour moi la plus emblématique, par exemple l’ile de Java pour le vétiver et l’Atlas pour le cèdre. J’ai été inspirée par l’origine de ces matières premières, et j’ai développé ces parfums en ayant l’envie de faire voyager les personnes, en leur faisant remonter des souvenirs jusqu’à l’origine de la matière sélectionnée. »

    « J’ai sélectionné les notes et matières premières les plus emblématiques de chaque famille »

  • PN : Créer des parfums pouvant se superposer était-il un défi dur à réaliser ?

    M.L. : « Comme je le disais, c’était un challenge ! Mais l’idée fondamentale était avant tout de sublimer une matière première. Chaque composition représente un véritable parfum qui peut être porté seul. Le fait d’avoir construit chaque parfum autour d’une matière première facilite leur superposition. La possibilité pour les personnes de recréer chez soi une composition grâce à un contraste olfactif est très originale. Cela leur permet de créer leur propre parfum. »

  • PN : Comment avez-vous sélectionné les matières premières ?

    M.L. : « J’ai sélectionné des matières premières naturelles. La plupart sont des huiles essentielles. J’ai fait des reconstitutions uniquement pour les notes artificielles comme les muscs blancs ou pour les notes qui n’existent pas en absolu ou essence comme les fleurs dites muettes, notamment le muguet et le lys.
    Toutes les matières premières sont traitées localement ou à Grasse. Je porte une attention particulière à la récolte de ces éléments et j’assiste à la cueillette de ces ingrédients. Lorsque j’ai eu l’idée de créer Rosa Damas, je suis partie dans la vallée d’Isparta afin d’assister à la récolte de la rose. Cela me permet de vérifier le traitement des matières et de m’inspirer de la région d’origine, du berceau de ces matières dans la création de chaque parfum.
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    « J’ai fait des reconstitutions uniquement pour les notes artificielles comme les muscs blancs ou pour les notes qui n’existent pas en absolu ou essence »

  • PN : Quel a été votre fil conducteur pour la construction de chaque parfum ?

    M.L. : « La création de ces parfums a débuté par la sélection d’une famille olfactive. J’ai ensuite choisi une note emblématique de la famille, et j’ai sélectionné son lieu d’origine premier, son origine la plus connue. J’ai construit les parfums autour de cette note. Les autres notes mettent en avant la Première Note et ont été choisies en accord avec le lieu d’origine de la Première Note, de façon à reconstituer le cœur de la région. Mon envie avec cette collection était de faire de la belle parfumerie, en privilégiant la qualité et le choix des matières premières tout en les traitant de façon moderne.

    J’ai choisi l’orange de Calabre, au sud de l’Italie, pour son côté amer.
    Pour le lys, j’ai réalisé une reconstitution de l’univers de la Toscane avec ses nombreux jardins et vignes, et ses fleurs blanches très présentes. J’ai créé Lys Toscana en essayant de reconstituer l’élégance de cette région.
    La rose de Damas était une évidence. C’est la plus vieille rose cultivée et la plus célèbre. Elle est cultivée en Turquie mais garde son nom légendaire Rose de Damas.
    Pour le cèdre, différentes variétés sont utilisées en parfumerie. Le plus utilisé est celui de Virginie, qui a un côté « mine de crayon ». J’ai préféré utiliser le cèdre d’Atlas qui m’inspirait plus. Je voulais travailler une note boisée-cuirée, et le cèdre de l’Atlas s’y prêtait davantage avec son côté plus animal.
    Pour le vétiver, j’ai sélectionné le bois de Java qui est plus terreux et plus fumé.
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